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L’ambassade française à Kouïbychev

L'ambassade française à Kouïbychev

L’ambassade française à Kouïbychev

Vers l’été 1940, les deux tiers du territoire français sont occupés. Depuis le mois de novembre, toute la France tombe entre les mains des Allemands. Le gouvernement de Vichy présidé par le maréchal Pétain n’est qu’une marionnette. Ce gouvernement rompt toutes les relations avec l’URSS sous prétexte que «… les activités des collaborateurs des missions soviétiques ne correspondent point à leur statut diplomatique et ce qui constitue un attentat à l’ordre public existant et à la sécurité nationale de la France».

Parallèlement au développement de la Résistance un autre mouvement «la France libre» se crée sous la direction du général de Gaulle. C’est avec ce mouvement que l’URSS établit les relations diplomatiques.

Au mois de juin 1942, «la France libre» devient la «la France combattante».

Le 8 octobre 1941, le Comité d’Etat de la défense (GKO) prend la décision importante de miner toutes les constructions les plus importantes de Moscou. Le 15 octobre vient une autre décision sans précédent :

» Vu la situation difficile sur le front aux environs de Mojaïsk (près de Moscou), le Comité d’Etat de la défense décide :

1. Camarade Molotov est chargé d’annoncer aux ambassadeurs étrangers qu’ils doivent quitter immédiatement Moscou et se rendre à Kouïbychev.

2. Faire immédiatement évacuer le Présidium du Soviet Suprême et le Gouvernement avec camarade Molotov à la tête, (camarade Staline serait évacué demain selon les circonstances).

3. Faire immédiatement évacuer les organes du Narkomat (le ministère) de la défense et de la marine à Kouïbychev. »

Le 17 octobre, plusieurs hommes d’Etat soviétiques quittent Moscou : Kalinine, Vorochilov et d’autres.

Pourtant, une ville ne peut se croire capitale sans être reconnue par le corps diplomatique. La présence des ambassades étrangères assure un statut officiel à cette «capitale de réserve».

Ainsi, les missions diplomatiques quittent Moscou le 15 — 16 octobre et le 19 — 20 octobre elles arrivent dans la nouvelle capitale. Les collaborateurs du ministère des affaires étrangères soviétique viennent également à Kouïbychev afin d’assurer le bon fonctionnement des structures diplomatiques étrangères.

Depuis le départ de l’ambassadeur du gouvernement vichyste Bergery, il n’y a pas de diplomates français en URSS. Tous les contacts avec le général de Gaulle s’effectuent par l’intermédiaire des ambassadeurs soviétiques à Londres et en Turquie.

Au mois de mars 1942, les représentants du général de Gaulle dont Roger Garraud se rendent à Moscou. Les diplomates français ont toute la possibilité de rester à Moscou car l’offensive allemande est définitivement brisée par l’Armée Rouge. Néanmoins les Français sont envoyés à Kouïbychev. Il y a seulement quelques collaborateurs y compris l’attaché militaire Petit.

Charles de Gaulle (le 18 juin 1940)

Charles de Gaulle (le 18 juin 1940)

Les activités de Garraud ne se limitent uniquement pas par la présence de la mission à Kouïbychev. Il se déplace et visite souvent Moscou afin d’assurer des taches différentes. La mission française collabore avec les agences d’information soviétiques comme TASS et Radiokomitet. Il obtient la permission de diffuser les émissions à la radio de Moscou, une fois par semaine. Depuis le mois de mai le nombre d’émissions augmente. Un peu plus tard Garraud passe l’accord avec Ilïa Erenbourg dont les articles doivent être publiés dans le journal «Marseillaise», qui est l’organe du mouvement gaulliste à l’époque.

Encore une action de taille : c’est l’accord du 25 novembre 1942 qui est conclu entre les représentants du commandement de l’Armée Rouge et le représentant de «la France combattante «, sur la participation des aviateurs français à la guerre dans le ciel de l’URSS. L’escadrille «Normandie» devient le fruit de cet accord.

«Ce n’est peut-être qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais les cœurs de tous les Français sont avec nos soldats qui vont se battre avec leurs frères russes. La fraternité de nos peuples sur les champs de bataille aurait une grande importance pour la France aussi bien que pour toute l’Europe « a dit Roger Garaud.

Le 26 — 27 juillet 1943, un groupe d’aviateurs français passerait par Kouïbychev. Roger Garraud vient les chercher et trouve parmi eux des personnes connues.

Le 26 août 1943, l’URSS reconnaît officiellement le Comité français de la Libération nationale (CFLN) à titre de «représentant de la République française et de dirigeant de tous les patriotes français luttant contre la tyrannie hitlérienne».

Vers la fin du mois d’août 1943, toutes les ambassades quittent Kouïbychev.

Le retour de l’ambassade française à Moscou et la reconnaissance officielle du Comité national de la Libération nationale obligent de Gaulle à remplacer Roger Garraud par Jacques Cartrou qui n’a jamais visité la ville de Kouïbychev.

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