I comme la Côte d’Ivoire

Côte d’Ivoire

Située en Afrique de l’Ouest, sur le Golfe de Guinée, la Côte d’Ivoire est entourée par le Libéria, la Guinée, le Mali, le Burkina-Faso et le Ghana. 15,446,231 personnes occupent les 322 462 km2 constituant son territoire.
Depuis le paléolithique1, le pays a été peuplé par vagues successives. Vers le XVIIIe siècle se forme la configuration ethnique contemporaine du pays. Actuellement les peuplements originels se répartissent en deux types et cinq grands groupes: les peuples de la savane (Mandé du Nord et Voltaïques) et les peuples de la forêt (Akan, Krou, Mandé du Sud). Pourtant, avec ses 45 % de citadins le pays reste l’un des plus urbanisés de l’Afrique subsaharienne.

Les Portugais sont les premiers européens à débarquer en Côte d’Ivoire au XVe siècle. Ainsi, Sassandra et San Pédro ont conservé les noms de marins portugais. C’est à cette époque qu’ils débutent la traite des esclaves2 poursuivie par les Français aux XVIIe et XVIIIe siècles. A partir des années 1830, les Français et les Britanniques rivalisent3 dans la région pour signer avec les chefs des différentes tribus4 des contrats leur assurant le monopole du commerce de l’ivoire5, de l’or ou de l’huile de palme. Enfin, le décret du 10 mars 1893 érige6 la Côte-d’Ivoire en colonie française et en délimite les frontières.

La ville principale du pays, Abidjan, est ouverte à la modernité

La Côte d’Ivoire n’est devenue indépendante que le 7 août 1960. A présent c’est une république de type présidentiel dirigée par un gouvernement démocratique. L’Assemblée nationale est composée de 175 députés élus pour cinq ans. Le président de la République, élu pour cinq ans comme les députés, est rééligible sans limitation du nombre de mandats. La capitale politique est Yamoussoukro mais la capitale économique demeure Abidjan. De l’époque coloniale, la Côte d’Ivoire a conservé le français devenu la langue officielle ainsi que les systèmes administratif, judiciaire et éducatif. Les musulmans (38 %) sont un peu plus nombreux que les chrétiens (27,5 %). Les adeptes des religions traditionnelles représentent l’essentiel du reste de la population.

On entend souvent que le succès de la Côte d’Ivoire repose sur l’agriculture; en effet, celle-ci occupe une place prépondérante7 dans l’économie du pays. Les principales ressources proviennent des cultures industrielles (café, cacao, ananas, hévéa8, palmiers à huile, coco…) le plus souvent destinées à l’exportation. L’exploitation forestière et la pêche sont aussi des activités très développées.

Le secteur industriel comporte surtout des industries agroalimentaires. Si les industries textile et pétrolière prennent de l’ampleur9, la plupart des industries de transformations demeurent absentes du paysage économique ivoirien.

La savane est une vue typique du pays

Le développement du secteur tertiaire10, avec l’implantation des banques commerciales internationales et l’accroissement du nombre de sociétés de services, semble être la tendance de ces dernières années.

Chaque groupe ethnique présent en Côte-d’Ivoire a développé des formes d’art originales; beaucoup travaillent le bois et sont connus pour leurs statuettes, en particulier votives11. L’art des masques est surtout présent dans les régions forestières, et la statuaire plutôt dans le Nord. Les Baoulés sont réputés pour leurs masques aux traits raffinés. L’or a une valeur symbolique chez les Akans, orfèvres12 de renom13. Parmi les sculpteurs de la savane, les Sénoufos ont très tôt retenu l’attention des Européens; leur culture repose sur le Poro, système de vie et association secrète d’initiés donnant lieu à un rituel utilisant statues et masques souvent mi-humains, mi-animaux. Les Sénoufos sont également renommés pour leurs peintures sur tissu. Dans les sociétés Dan et Wobé, les masques aident les hommes à maîtriser leur vie et les chefs à exercer leur fonction. Chaque masque représente une divinité de la brousse14. La peinture traditionnelle est présente dans les cérémonies à travers les motifs au kaolin15 dont s’ornent les participants. Un nouveau mouvement, le «vohou-vohou», exprime aujourd’hui une sensibilité plus ouverte à la modernité.

La cathédrale Notre Dame de l’Afrique à Abidjan

En Côte d’Ivoire, le dynamisme conjoint de la tradition et de la création culturelle moderne permet des formes d’expression musicales, plastiques et littéraires originales et croisées, où le modernisme porte des couleurs traditionnelles et où le fait culturel traditionnel s’inscrit dans une démarche très actuelle. Ainsi, les nouveaux chansonniers ivoiriens issus des grandes villes ont-ils renouvelé un répertoire villageois très classique en Côte d’Ivoire. Parallèlement, la culture traditionnelle continue de s’affirmer à travers des manifestations séculaires16 telles que la fête des ignames17, la fête des masques, les fêtes de générations, le tchologo ou le gbanin … des célébrations qui gardent aujourd’hui encore pour les Ivoiriens tout leur contenu sacré.

De 1975 à 1980 Abidjan a été le centre de la musique moderne pour l’ensemble de l’Afrique francophone, avec ses studios d’enregistrement et ses maisons de disques. Ernesto Djédjé est le précurseur18 du ziglibithy, musique née de la fusion de la tradition ivoirienne et des rythmes congolais. Le ziglibithy, interprété par Reine Pélagie, est actuellement devenu la musique nationale du pays. La Côte d’Ivoire est par ailleurs considérée comme le seconde patrie du reggae, un style abondamment illustré non seulement par la vedette internationale Alpha Blondy. Le palais de la Culture, situé à Abidjan a accueilli en 2001 la cinquième édition du Marché des Arts et Spectacles Africains — MASA — rendez-vous incontournable des acheteurs de spectacles du Nord comme du Sud.

La cathédrale Notre Dame de la Paix à Yamoussoukro est une des plus grandes dans le monde

Tous les deux ans, c’est aussi l’occasion pour l’ensemble des artistes ivoiriens de se produire dans le cadre du MASA off pour leur propre public qui participe activement à cette manifestation à l’origine organisée en direction des professionnels du spectacle. La floraison19 culturelle ivoirienne est aussi illustrée par une littérature en plein essor, servie par le secteur de l’édition, certainement le plus dynamique et le plus souple de l’Afrique francophone, qui a dernièrement remporté un franc succès avec la création d’une collection de littérature populaire très prisée20 sur le marché.

«Akwaba», «bonne arrivée», sont les mots qui, partout en Côte d’Ivoire, vous accueilleront. Le touriste, ici, est un visiteur de marque. La Côte d’Ivoire a beaucoup à lui offrir à commencer par sa facilité d’accès. Son territoire de taille moyenne, la qualité de son réseau routier, l’existence de lignes aériennes intérieures, la présence d’hôtels dans toutes les villes du pays et les sites touristiques lui permettent de voyager facilement. C’est l’occasion de composer un séjour sur mesure : visiter les réserves naturelles, découvrir les arts et l’artisanat, se ressourcer sur une plage paradisiaque, pratiquer la pêche, partir à la rencontre des habitants de l’Afrique traditionnelle…

1 paléolithique (m) — палеолит, ранний период каменного века (примерно до 10 тысячелетия до н.э.)
2 la traite des esclaves — работорговля
3 rivaliser — соперничать
4 tribu (f) — племя
5 ivoire (m) — слоновая кость
6 ériger — основать
7 prépondérant — преобладающий
8 hévéa (m) — гевея (род вечнозеленых растений)
9 prendre de l’ampleur — расширяться
10 le secteur tertiaire — сфера обслуживания
11 votif, -ve — (рел.) совершенный по обету
12 orfèvre (m) — золотых и серебряных дел мастер
13 de renom — известный
14 brousse (f) — сельская местность, провинция
15 kaolin (m) — каолин, фарфоровая глина
16 séculaire — вековой, исконный
17 igname — ямс, род многолетних тропических растений, со съедобными подземными клубнями
18 précurseur (m) — предвестник
19 floraison (f) — расцвет
20 prisé — высоко ценимый

Sergey: