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La danse sur glace

Marina Anissina et Gwendal Peizerat

Marina Anissina et Gwendal Peizerat

La danse sur glace, c’est comme les goûts et les couleurs: en discuter n’avance pas à grand-chose. Pour s’y connaître il faut l’aimer. La montée au sommet est très difficile, et aucun juge ne saura expliquer clairement pourquoi il a choisi comme la meilleure telle ou telle composition chorégraphique. Parce qu’elle a été la plus rythmée, la plus expressive ou la plus tendre, davantage chargée en émotion ou techniquement la plus impeccable1? On peut essayer de charmer2 les juges (et le public) par un programme fantastique avec de beaux costumes et une très belle musique, on peut patiner très bien et ne pas faire de fautes, on peut chercher à convaincre tout le monde par ses multiples titres nationaux et mondiaux, mais… Pour devenir champions olympiques il faut en rêver.

Et quand on est enfin champion, on ne le croit pas vraiment et on continue de parler des rêves. «C’est une vraie consécration, un vrai bonheur. On a donné le meilleur de nous-mêmes, on a fait une compétition parfaite. J’avais imaginé ce que l’on pouvait ressentir quand on est champion olympique et c’est exactement comme dans mes rêves. C’est excellent. Quand on s’est retrouvé sur le podium, j’ai essayé d’ouvrir mes yeux très grands, d’ouvrir mes oreilles très grandes pour tenter de noter un maximum de sensations», a déclaré Gwendal Peizerat. «Je suis très heureuse, a ajouté Marina Anissina, c’est un rêve.»

Depuis des années, Marina Anissina ne vit que pour cela. «Toute petite, je voulais déjà devenir championne du monde et championne olympique». Championne du monde, elle l’est devenue en 2000, à Nice. «J’étais contente, bien sûr. Mais tout de suite, je me suis dit: ce n’est pas tout. Ce que je veux, c’est le titre olympique». Une ambition dévorante3 habite Marina Anissina. Pour de nombreux sportifs russes, le sport a constitué une porte d’accès à un monde matériellement plus confortable. Pas pour elle. «J’ai eu une enfance gâtée, on partait en vacances sur la mer Noire, je passais tous les étés dans une datcha avec ma grand-mère». Marina Anissina est la fille de deux sportifs soviétiques: la patineuse Irina Tchernieva, sixième des JO4 de Sapporo, et le joueur de hockey sur glace, Viatcheslav Anissin, aujourd’hui entraîneur du Spartak Moscou. «Mes parents étaient des champions, je ne pouvais pas me permettre de ne pas être la meilleure, moi aussi». Elle s’est forgé5 dès son plus jeune âge un caractère de battante6. Dès l’âge de quatre ans, Marina met déjà les patins sur la patinoire du CSKA de Moscou. A dix ans, elle n’a plus qu’une idée en tête, la compétition. Elle devient Championne du Monde Juniors en 1990 et en 1992.

En 1992, un épisode décisif est venu décupler7 la soif de réussite de la jeune Moscovite et bouleverser son existence. Ilia Averboukh, avec lequel elle avait enlevé deux titres mondiaux juniors, décidait de changer de partenaire et d’unir sa destinée à celle d’Irina Lobatcheva, qu’il a épousée depuis. «J’avais appris sa décision de la bouche d’une tierce personne8. Ilia ne savait pas comment me l’annoncer. Pendant quelques mois, je me suis entraînée seule, sur la même patinoire que lui et Irina. Ma mère pensait que le patinage était fini pour moi.»

Marina n’a encore que 17 ans mais un caractère déjà affirmé9. Tout est alors à reconstruire pour la jeune sportive. Elle doit trouver un nouveau partenaire. Avec sa mère, elle visionne10 des vidéos sur les meilleurs couples du moment et repère deux patineurs: le Français Gwendal Peizerat et le Canadien Victor Kraatz. Elle demande à une amie polyglotte de l’aider à écrire une lettre à Lyon, l’autre au Canada. Cette dernière est toujours restée sans réponse. Quand Gwendal reçoit le courrier, il le met de côté, croyant qu’il ne lui servira jamais. Mais un mois plus tard, Marina Morel, la partenaire de Gwendal Peizerat, décide brutalement d’arrêter la compétition. «Dans les jours qui ont suivi, j’ai appelé Marina, l’autre», plaisante Gwendal.

Ils se connaissaient bien sûr. Longtemps, Marina et Gwendal se sont croisés dans les catégories jeunes où ils étaient adversaires. De son côté, Gwendal monte deux fois sur un podium aux Championnats du Monde Juniors avec sa partenaire, Marina Morel. En 1989, il est troisième et il finit deuxième en 1991. C’est à six ans, en suivant sa sœur à la patinoire de Lyon-Baraban que Gwendal démarre le patinage. Fils d’un professeur d’éducation physique et d’une institutrice, il attire11 tout de suite le regard de ses entraîneurs.

Début 1993, Marina Anissina débarque12 à Lyon, où le jeune homme s’entraîne sous la direction de Muriel Boucher-Zazoui. «Dans ma tête, je venais pour voir si ça pouvait coller13 entre nous, certainement pas pour m’installer en France. Pour moi, les entraîneurs russes étaient les meilleurs et il était évident que je retournerais en Russie. Je suis restée trois mois à Lyon et je me suis rendu compte que Muriel n’avait rien à leur envier mais surtout que Gwendal ne partirait pas: sa vie, sa famille, ses études le retenaient à Lyon. C’était à moi de faire le sacrifice.»

La jeune Russe s’installe dans un centre d’hébergement14 et s’inscrit à l’université pour y apprendre le français. Les premiers pas du nouveau couple sont si encourageants15 qu’ils sont présélectionnés16 pour les JO de Lillehammer, en 1994. Mais la naturalisation17 de la jeune femme interviendra quelques semaines trop tard. L’adaptation de Marina Anissina à son pays d’adoption se révèle très pénible. «Je pleurais tous les jours. Je n’ai tenu que par ce que je m’étais fixé un objectif».

«Elle voudrait toujours en faire plus», reconnaît Gwendal Peizerat. Cette insatisfaction est à l’origine des accrochages18 qui ont émaillé19 la collaboration entre les deux patineurs mais aussi le moteur20 de leur réussite. A Lyon, la jeune femme vit dans un appartement avec sa mère, venue la rejoindre. Aucune distraction ne saurait la détourner de son but. «Toute sa vie tourne autour du patinage», affirme Muriel Boucher-Zazoui.

Tout l’été 2001, ils ont travaillé sérieusement leurs programmes, sept heures par jour de patinage intensif. Pour préparer la saison olympique, ils faisaient appel à plusieurs spécialistes. «Il est important de recueillir des avis extérieurs, estime Muriel Boucher-Zazoui. La cellule de base21, c’est Anissina-Peizerat-Zazoui, mais nous n’hésitons pas à nous faire conseiller par des gens qui peuvent nous apporter quelque chose.» Pour la danse originale, ils ont choisi le flamenco monté avec l’aide du Ballet national de Madrid. Mais c’est la danse libre que le public et la profession attend avec impatience. Ils ont baptisé leur programme «Liberta». La danse conçue par le chorégraphe français Bruno Vandelli, ils l’ont travaillée avec la technicienne russe Natalia Doubova.

Le 18 février 2002, leur «hymne à la liberté» a conquis22 le public et satisfait les juges. On apprécie ou pas la finesse de la symbolique et l’esthétique des costumes (celui du patineur était agrémenté23 de cordes censées l’entraver24), mais le duo a livré une prestation25 impeccable. Après quelques portés26 spectaculaires, dont un porté inversé où la jeune femme soutient son partenaire, les deux patineurs attendaient fébrilement27 le verdict des neuf juges. Marina et Gwendal sont les meilleurs!

«Une chose est sûre, le programme «Liberta» restera le plus beau parce qu’il nous a permis de devenir champions olympiques, soixante-dix ans après Andrée et Pierre Brunet.»

Marina et Gwendal l’ont annoncé, cette saison sera leur dernière. Ils mettront un terme à leur carrière à la fin des Jeux et vont atteindre un carrefour: devenir professionnels, comme semble le vouloir Marina, ou se plonger dans une nouvelle vie, comme y songe Gwendal, qui aimerait finir ses études à l’Ecole supérieure de commerce de Lyon.

«Même si l’on ne se voit pas pendant dix ans, on ne perdra jamais ce lien qui nous unit, assure le jeune homme. On se connaît intimement, comme avec quelqu’un dont on a partagé la jeunesse, les joies et les peurs.»

1 impeccable — безукоризненный
2 charmer — очаровывать
3 ambition (m) dévorante — всепоглощающее желание
4 JO — Jeux Olympiques
5 forger — выковывать
6 battant (m) — напористый человек
7 décupler — умножать (на 10)
8 une tierce personne — третье лицо
9 affirmé — устоявшийся, твердый
10 visionner — просматривать
11 attirer — привлекать
12 débarquer — сходить (с самолета)
13 coller — (зд.) ладить
14 centre (m) d’hébergement — общежитие для эмигрантов
15 encourageant — обнадеживающий
16 présélectionner — предварительно отбирать
17 naturalisation (f) — процедура получение гражданства
18 accrochage (m) — спор, ссора
19 émailler — насыщать, расцвечивать
20 moteur (m) — движущая сила
21 cellule (f) — ядро, ячейка
22 conquérir — завоевывать
23 agrémenter — украшать
24 censées l’entraver — предполагается, что его опутывают
25 prestation (f) — выступление
26 porté (m) — поддержка
27 fébrilement — возбужденно

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