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Les cinq fonctions de H. Lasswell

Dans un article fameux paru en 1948, le grand sociologue américain Harold Dwight Lasswell, un des pères fondateurs de la théorie de la communication, définit une action de communication à l’aide des questions suivantes:

Qui/dit quoi/à qui/par quel canal/et avec quel effet?

«L’étude scientifique du processus de communication, dit-il, tend à se centrer sur l’une ou l’autre de ces questions. Le spécialiste du qui (le communicateur) s’attache à l’étude des facteurs qui engendrent1 et dirigent la communication. Le spécialiste du dit quoi pratique l’analyse de contenu. Lorsque le centre d’intérêt est constitué par le à qui (les personnes atteintes par les médias), nous parlons d’analyse de l’audience. Celui qui étudie surtout la radio, la presse, le cinéma et les autres canaux de communication participe à l’analyse des médias. Si le problème traité est celui de l’impact2 sur les récepteurs, il s’agit d’une analyse des effets».

Depuis lors on a presque toujours traité les problèmes de communication à l’aide de cette grille faite de cinq questions fondamentales en insistant souvent sur la dernière et la plus problématique: avec quel effet?

VERS LA SOCIETE DE COMMUNICATION

La communication est d’évidence une notion à la mode. Le développement formidable des moyens de transport et d’information au début du XXe siècle — automobile, presse, cinéma, télégraphie sans fil, phonographe, radio — a certainement contribué à répandre le terme. Un nouveau bond en avant s’est produit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Même si l’écrit n’a pas perdu sa force essentielle, la télévision est devenue incontestablement3 le moyen de diffusion de masse par excellence, faisant du monde entier jadis séparé en cinq continents — et selon l’heureuse expression du sociologue canadien Herbert Marshall McLuhan — un «village planétaire».

Grâce à de nouveaux types de réseaux de transmission (fibre4 optique) et de relais5 (satellite géostationnaire), toute information peut être quasi instantanément diffusée, non seulement à travers le monde entier, mais aussi vers les stations orbitales habitées, puis, de proche en proche, dans l’immensité de l’espace cosmique. Ainsi, à l’aube de ce XXIe siècle, sommes-nous déjà entrés dans l’ère de la communication généralisée.

La communication est partout. Nous sommes sollicités par des milliers de mots, d’images et de sons. La constance6 et la profusion7 des messages sont telles que nous éprouvons de la difficulté à y mettre de l’ordre. Tout s’entrecroise et s’entrechoque. Pourtant, nous pouvons, à partir de notre propre expérience, classer ce tohu-bohu8 incessant et du même coup mieux comprendre les rôles variés que la communication joue dans notre vie personnelle, sociale et professionnelle.

LE MONDE DE LA VIE PRIVEE

C’est le lieu premier de notre vie, celui du foyer et de la maison. Les relations y sont celles qui s’établissent au sein de la communauté de la famille. Aussi la communication y est-elle essentiellement interpersonnelle, c’est-à-dire faite surtout de dialogues et de compréhension mutuelle.

C’est sur cette base que se fondent les premières expériences de l’enfant et que se règlent les relations entre les adultes; ces échanges supposent un minimum d’égalité et de transparence et visent au bien-être9 et au développement de la personne (relation amicale, relation amoureuse etc.). Cette relation prévaut dans ce qu’il est convenu d’appeler, selon le vocabulaire traditionnel de la sociologie, les groupes primaires (famille, relations entre camarades, etc.). Pour ce type de communication, c’est à la psychologie qu’il revient d’expliquer les mécanismes mis en œuvre.

LE MONDE DE LA VIE SOCIALE

C’est celui de la cité; il ne relève plus de l’intimité, mais s’apparente10 plutôt au monde public. Une communication d’un autre type s’y développe. Les relations ne s’effectuent plus seulement de personne à personne, mais de personne à groupes, voire de groupes à groupes. Les intérêts peuvent être opposés et même parfois contradictoires. Des groupes dirigeants se constituent et tentent d’imposer leur point de vue. L’écrit (que l’on prend soin11 de garder en archive, comme témoignage irréfutable12) prend le pas sur13 la parole. La notion de masse apparaît peu à peu. La communication sociale ne circule pas de manière égale d’un groupe à l’autre. Elle est surtout le fait des groupes légitimes constitués et reconnus à l’intérieur de la cité.

Dans ces conditions, la communication n’est plus simplement un moyen d’échange, mais aussi un moyen de renforcement du pouvoir: parce qu’elle est devenue une méthode de gouvernement plus économique dont dispose le pouvoir pour annoncer ses décisions, mais aussi pour suspendre le recours à la force, pour dissimuler son aspect autoritaire, pour avancer l’idée de consensus. La communication est donc tout à la fois technique de diffusion et moyen idéologique visant non plus le bien-être personnel à proprement parler14, mais la régulation sociale. La psychosociologie se charge d’expliquer le fonctionnement des groupes et la science politique analyse les mécanismes du pouvoir.

LE MONDE DE LA VIE PROFESSIONNELLE

La vie professionnelle de la plupart d’entre nous se déroule essentiellement dans l’entreprise. Même l’exercice de professions libérales (avocat, médecin) tend à se pratiquer en cabinets, qui fonctionnent comme autant de petites entreprises. La communication règle les rapports hiérarchiques des différents échelons (dirigeants, ingénieurs, techniciens, maîtrise, ouvriers) et, pour ce qui concerne la production, elle organise la relation de l’homme avec les machines, voire aujourd’hui la relation des machines robotisées avec d’autres machines robotisées (la productique). La communication est devenue un lien de commandement, que l’ordre s’applique à l’homme ou à la machine (dans ce dernier cas on parle sans ambages15 de machines «asservies16«). Pour rendre compte de cette réalité, les ingénieurs ont pensé la communication selon un modèle cybernétique (où tout se régule), recourant massivement aux moyens informatiques qui après s’être développés dans l’industrie pénètrent de manière irréversible17 le monde des services (la bureautique). Une telle communication vise essentiellement la productivité et fait entrevoir18 l’idée d’une société postindustrielle.


1 engendrer — порождать

2 impact (m) — нацеленность
3 incontestablement — бесспорно
4 fibre (f) — волокно
5 relais (f) — пункт ретрансляции
6 constance (f) — настойчивость
7 profusion (f) — изобилие
8 tohu-bohu (m) — суматоха, сутолока
9 bien-être (m) — благосостояние
10 s’apparenter — найти точки соприкосновения
11 prendre soin de — хлопотать о
12 irréfutable — неопровержимый
13 prendre le pas sur — обогнать
14 à proprement parler — собственно, именно
15 sans ambages — без обиняков
16 asservi — покоренный
17 de manière irréversible — необратимо
18 entrevoir — предусматривать, предполагать
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