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La place de la Concorde

La place de la Concorde

La place de la Concorde

Contrairement à la plupart des places qui sont généralement entourées par des bâtiments, la place de la Concorde est limitée par du «vide» sur trois côtés : les Champs-Elysées à l’ouest, le jardin des Tuileries à l’est, et la Seine au sud. Ce n’est qu’à nord que deux larges immeubles ferment la perspective. Divisées par la rue Royale, ces structures sont parmi les meilleurs exemples de l’architecture du XVIIIe siècle.

Construits par Gabriel1 entre 1766 et 1775, ce sont : l’Hôtel de la Marine qui accueille le siège de l’Etat Major de la Marine Française, et l’Hôtel de Crillon qui est l’un des grands hôtels parisiens. Ce dernier a été le lieu de signature, le 6 février 1778, du Traité d’Amitiés et d’Echanges entre le roi Louis XVI et les treize représentants des Etats Indépendants d’Amérique dont Benjamin Franklin. Une plaque adossée rue Royale commémore, en anglais et français, ce Traité par lequel la France reconnaissait l’Indépendance des Etats-Unis.

Ces deux hôtels sont aujourd’hui tout ce qui est resté du projet initial de la place Louis XV conçu par Gabriel à la fin du XVIIIe siècle. D’abord, la place a perdu son nom et la statue équestre2 du roi sculptée par Bouchardon3. Elle est devenue la « place de la Révolution » avec l’installation de la guillotine en octobre 1792. Ce lieu a été le théâtre sanguinaire4 des exécutions durant la Terreur5. Pas moins de 1119 personnes, parmi lesquelles le Roi Louis XVI, sa femme Marie-Antoinette, la plupart de leurs proches, puis les chefs de la Révolution dont Desmoulins, Danton, Robespierre, Saint-Just, ont subi ici le châtiment6 de la guillotine.

Avec la fin de la Terreur, le gouvernement a commencé à appeler la place «place de la Concorde» en l’an IV7 et le nom est devenu officiel en 1830.

L’obélisque égyptien de Louxor érigé au milieu de la place, est vieux de 3300 ans. Ce monolithe en granit rose a été offert à la France en 1831 par Muhammad Ali, Vice-roi et Pacha d’Egypte. C’est seulement en 1836, à l’issu d’un long voyage, qu’il est parvenu à Paris. C’est Louis-Philippe8 qui a décidé de l’ériger sur la place de la Concorde où «il ne rappellera aucun évènement politique». L’opération, véritable prouesse9 technique, a été réalisée le 25 octobre 1836 sous la direction de l’ingénieur de la marine Apollinaire Lebas, en présence de plus de 200.000 personnes.

Le monument, d’un poids de 230 tonnes et mesurant 23 mètres de hauteur, se trouvait à l’origine dans le Temple de Thèbes10 (Louxor). L’obélisque est recouvert de hiéroglyphes célébrant la gloire du pharaon Ramsès II. Le socle décrit les moyens techniques ayant permis son transport et son érection sur la place.

De nombreux égyptologues ayant fait valoir11 que la partie supérieure des obélisques égyptiens était toujours revêtue de feuilles d’or, une restitution12 a été réalisée en mai 1998, grâce à un mécénat13 de la Fondation «Pierre Bergé Yves Saint Laurent». Ce nouveau pyramidion14 de bronze et d’or 23,5 carats mesure 3,6 mètres.

L’obélisque se situe juste sur la ligne de l’axe historique de Paris qui va de l’Arc du Carrousel à l’Arche de la Défense en passant par le jardin des Tuileries et l’avenue des Champs-Elysées.

La place a une forme octogonale15, et à chacun de ces huit coins se trouve une statue représentant une ville française : Brest et Rouen sculptées par Jean-Pierre Cortot ; Lyon et Marseille par Pierre Petitot ; Bordeaux et Nantes par Louis-Denis Caillouette ; Lille et Strasbourg par James Pradier. La statue de Strasbourg a été longtemps voilée d’un crêpe16 noir et fleurie17 en rappel du deuil de l’Alsace-Lorraine, cédée par la France à l’empire allemand en 1871.

Deux fontaines, inspirées de celles de Saint-Pierre de Rome, ont été construites entre 1835 et 1840 au centre de la place. Celle du nord représente la Navigation fluviale et celle du sud la Navigation maritime.

Les deux fontaines ont été inaugurées le 1er mai 1840 par le Préfet Rambuteau.

Les bassins, réalisés en pierre ont reçu un poli18 leur donnant l’aspect du marbre. Le fond des bassins est enduit19 par un ciment romain20. Les vasques21, les figures et les ornements sont réalisés en fonte de fer et peints avec un nouveau procédé de peinture couleur de bronze. Les chairs des statues sont de couleur bronze florentin (brun foncé), les vêtements bronze vénitien (vert), les accessoires et les ornements sont dorés.

De nombreux artistes ont été mobilisés pour la réalisation des modèles des figures.

La Fontaine des Fleuves a fait appel à Gechter (Le Rhône et le Rhin), Husson (La Moisson des vendanges), Lanno (La Récolte des fleurs et la Récolte des fruits) et Brion (L’Agriculture, l’Industrie, la Navigation fluviale).

La Fontaine des Mers a fait appel à Debay (L’Océan et la Méditerranée), Desbœufs (La Pêche des perles, la Pêche des coquillages, la Pêche des poissons, La Pêche des coraux), Feuchères (L’Astronomie, le Commerce et la Navigation maritime).

Moine, Elshoecht et Merlieux ont sculpté les trois Tritons et les trois Néréides tandis que Hoegler a pris en charge la sculpture ornementale.

Les fontaines ont été très endommagées au cours de la Commune. Celle des Mers, presque entièrement détruite, a été déposée22. Certaines pièces ont été coulées23 en 1871 et 1872, pour remplacer celles qui avaient été brisées.

En raison de l’insuffisance des crédits et l’absence de main d’œuvre qualifiée, l’entretien annuel de fontaines a été abandonné en 1914. La dégradation des figures était alors régulièrement camouflée par de la peinture. Les tritons et néréides en fonte des deux fontaines ont été remplacés par des statues en bronze en 1932. Les vasques des fontaines ont été restaurées entre 1951 et 1955. Il faudra attendre 1998 pour que la ville de Paris approuve le projet présenté par Etienne Poncelet, Architecte en chef des Monuments Historique, et entreprenne la restauration complète des fontaines et vote un crédit de plus de vingt-deux millions de francs, financés pour un tiers par l’Etat. Le chantier de restauration de la Fontaine des Fleuves, commencé au cours de l’été 2000, a pris fin douze mois plus tard.

La place de la Concorde, fontaines comprises, est classée monument historique.

Résumette
Aujourd’hui, l’histoire de la place de la Concorde est perdue derrière les embouteillages des voitures qui se précipitent sur l’obélisque égyptien géant décoré de hiéroglyphes. Aménagée entre 1755 et 1775 et marquée par le souvenir sanglant de la Terreur et de l’exécution de la famille royale, la place de la Concorde n’a gardé que sa forme octogonale de son projet initial conçu par Gabriel. Les huit statues représentant chacune une ville française y sont apparues plus tard. L’obélisque de Louxor a été érigé au centre de la place en 1836 ; les deux fontaines — en 1840.

 

Pour les débutants
La place qui se trouve à Paris entre le jardin des Tuileries et l’avenue des Champs-Elysées, n’est pas très vieille. Elle a moins de 250 ans. Autrefois, cette place portait le nom de Louis XV : la statue du roi se dressait au milieu de la place ; puis – place de la Révolution : pendant les années de la Grande Révolution, les Français y ont Installé la guillotine. Enfin, c’est la place de la Concorde, avec deux grandes fontaines monumentales et un immense obélisque égyptien au centre. Huit statues symbolisant huit grandes villes françaises, se dressent sur le périmètre de la place.

1 Ange-Jacques Gabriel – французский архитектор (Оперный театр в Версале, Высшая военная школа в Париже)
2 statue(f) équestre – конная статуя
3 Edmé Bouchardon (1698-1762) – французский скульптор (Купидон, делающий лук из булавы Геркулеса. Лувр)
4 sanguinaire – кровавый
5 la Terreur – два периода Французской революции: Первый Террор (10 августа – 20 сентября 1792) и Второй Террор (5 сентября 1793 – 28 июля 1794)
6 subir un châtiment – (зд.) быть казнённым
7 l’an IV – Четвёртый год по Республиканскому календарю (1795 г. Григорианского календаря)
8 Louis-Philippe Ier – король Франции (1830-1848)
9 prouesse (f) – смелое, дерзкое решение
10 Thèbes – Фивы, древняя столица Египетского царства, на развалинах которой стоит город Луксор
11 ayant fait valoir que – (зд.) ссылаясь на то, что
12 restitution (f) – воссоздание
13 mécénat (m) – меценатство, безвозмездная материальная поддержка литературы и искусства
14 pyramidion (m) – пирамидальная верхушка обелиска
15 octogonal – восьмиугольный
16 crêpe (m) – траурная повязка
17 fleuri – (зд) украшенный цветами
18 poli (m) – (зд.) полированная поверхность
19 enduire – обмазывать, пропитывать
20 ciment (m) – романцемент, гидравлический вяжущий состав, получаемый посредством тонкого помола известковых и магнезиальных мергелей обожженных при температуре 850-900°С. Может содержать гипс и различные добавки.
21 vasque (f) – широкая чаша фонтана
22 déposer – демонтировать
23 couler – отливать

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